Démarche

Mon thème est celui de la quête identitaire ainsi que son contexte sociétal et environnemental. Capter l’errance humaine, l’omniprésence des médias, la logique vampirique de la technologie et du monde des rêves numériques. Questionnement sur l’aliénation, la perte de contrôle et l’anxiété de l’homme du 21e siècle. Marqué par le temps, coincé dans un contexte d’absurdité et de contradictions, de fantasme informatique, l’individu isolé accède à l’instantané et à la proximité des communications. Il s’encombre d’un arsenal d’appareils technologiques prometteurs d’efficacité et de rapidité. La mémoire échappe aux événements, aux tendances, aux perturbations individuelles et collectives.

Je m’interroge en particulier sur l’écart entre l’évolution « socio technologique » dont se targue notre époque, et le substrat psychologique permanent : technologiquement dans les étoiles, socialement sur terre, nous restons psychologiquement à l’âge de pierre.

Mon travail antérieur s’est porté vers les installations et les œuvres en techniques mixtes, qu’il s’agisse de transferts photographiques sur métal, bois ou papier, ou d’installations avec des structures utilisant le métal ou le bois. J’y ai souvent rajouté des éléments sonores et vidéographiques et, plus récemment, je me suis intéressée aux estampes produites par procédé infographique, y apportant une réflexion sur les technologies de l’informatique et sur les visions accélérées qu’elles nous imposent.

La photographie, qu’elle soit numérique, en transferts ou en scanographes (images numérisées d’objets 2D ou 3D), est mon médium de prédilection et en est toujours un élément clef. Graveure de formation, j’intègre de plus la photographie à l’estampe numérique. C’est l’infinie variété de possibilités et de manipulations, que m’offre ce médium, qui me permet de mener à bien ces constructions et agencements. En ce cas, le processus contient en lui-même son résultat – un peu comme le bloc de pierre contient virtuellement la sculpture.